Faire soi-même

bruno

Si vous lisez ce guide, c’est que vous voulez réaliser vous-même votre ouvrage en bois. Ce dont je vous félicite. Le bricolage, ou l’autoconstruction – terme plutôt employé dans le cas de grosses réalisations – fait partie du loisir préféré des français. Et la tendance est à la hausse.

Voici un extrait gratuit du guide de construction :


L’autoconstruction serait-elle devenue un phénomène de société ? Bien qu’il n’existe aucune étude précise sur le sujet, force est de constater que les "gros" bricoleurs du dimanche sont de plus en plus nombreux à manier chaque week-end la truelle ou la scie circulaire. Qui n’a pas dans son environnement, un parent, un ami, un voisin ou une connaissance, adepte ponctuel ou permanent de cette activité ?
Mais tout cela est-il nouveau ? Pas vraiment, l’autoconstruction a toujours existé. Et c’est même la pratique naturelle et historique pour construire son habitat. Jusqu’à récemment, les paysans de tous pays construisaient eux-mêmes leur ferme. Et cette pratique fait encore standard aujourd’hui dans cette profession, du moins dans les petites exploitations. Mais c’est le développement de l’urbanisation et son corollaire la spécialisation, qui ont amené progressivement à rendre l’autoconstruction minoritaire. Par le passé, on autoconstruisait par nécessité.


Ce qui est nouveau depuis quelques années est que l’on autoconstruit moins par nécessité que pour d’autres raisons que nous allons voir plus loin.

Certes, on trouve encore aujourd’hui beaucoup d’autoconstructeurs par nécessité. La rareté du foncier, la pénurie d’artisans, les exigences normatives de plus en plus sévères, l’augmentation des besoins réels ou perçus, amènent à une inflation des prix qui exclut une part de plus en plus importante des accédants au home-sweet-home. Dans ce contexte, une solution possible est l’autoconstruction. Certes, ce n’est pas cela qui fait baisser le prix prohibitif des terrains ou des matériaux mais en fournissant sa propre main d’œuvre, l’autoconstructeur réalise une importante économie qui lui permet de rentrer dans son budget. La nécessité financière reste donc une motivation importante et principale dans la majorité des cas.

Mais il existe d’autres motivations, moins connues, moins évidentes :

Plaisir de créer

L’autoconstruction peut être assimilée par certains aspects à un loisir comme un autre. C’est une activité que l’on pratique souvent le week-end, comme d’autres jardinent ou font du modélisme. C’est évidemment une activité extrêmement créative. C’est une phase bouillonnante et excitante. Il faut se documenter, être curieux, regarder ce qui se fait, réfléchir à ses besoins, réaliser des maquettes, créer plusieurs projets sur papier, puis finalement faire les plans finaux.

Les étapes suivantes, à savoir la construction, l’achat des matériaux ou la recherche d’artisans, nécessitent également de la créativité. Au fur et à mesure de l’avancement, il faut trouver des solutions, remettre en cause certains choix, faire preuve d’astuces, continuer ses recherches de documentations.

Finalement, la réalisation d’un ouvrage en bois est un projet hyper créatif nécessitant une intense réflexion. C’est un chef-d’œuvre domestique.

Développement personnel

Comme on l’a déjà vu, l’autoconstruction est une activité très prenante. Pour vous peut-être, il s’agira de votre projet de bricolage le plus ambitieux. Au niveau de l’individu, l’autoconstruction d’un ouvrage en bois peut être un projet d’envergure. Ce caractère presque démesuré est aussi un challenge. C’est un défi lancé à soi-même, une épreuve salutaire. En réalisant son projet, on se réalise soi-même. On y met beaucoup de soi, aux niveaux financier, personnel et en investissement temps.

L’autoconstruction est donc une expérience forte et unique. Au bout du compte, on acquiert une confiance personnelle, conscient d’avoir réalisé quelque chose qui n’est pas à la portée de tout le monde.

Indépendance

Avec la croissance de l’immobilier, la pénurie des artisans se fait sentir. Dans ce contexte de déséquilibre entre l’offre et la demande, les prix montent, la qualité des prestations et du service peuvent baisser. Trouver un artisan compétent, sérieux et surtout disponible, pour un prix honnête est un véritable défi. Sans compter que la construction d’un ouvrage en bois requiert l’intervention de plusieurs dizaines d’intervenants.

Certes, lorsque l’on fait construire, ces tâches de recherche et de sélection d’artisans et d’entreprises reviennent à un architecte ou un maître d’œuvre professionnel. Mais si les prix augmentent, selon les lois admises de l’offre et de la demande, le maître d’œuvre le répercute automatiquement dans son devis. C’est toujours le client qui paye.

D’autre part, l’indisponibilité d’un artisan n’a aucun remède. Cela dit, un professionnel possède un réseau et une connaissance de l’offre qui lui permet d’anticiper une pénurie. Mais des arrêts de chantier de longue durée sont tout de même fréquents dans ce métier.

Même quand on arrive à trouver la perle rare, les retards pendant les travaux sont extrêmement fréquents. Un artisan est généralement très sollicité. Il lui faut assumer de nombreuses tâches très diverses et chronophages. Il lui faut répondre dans l’urgence aux aléas tels qu’un client mécontent sur un chantier précédent. Alors le client doit être opiniâtre. Il faut relancer, rappeler les engagements pris et parfois même menacer. Ce ne sont pas des actions faciles à faire. Tout le monde n’en a pas forcément ni la force ni le courage.

Un autre aspect important de la dépendance vis à vis de l’artisan est la technique. On peut avoir des idées précises de ce que l’on veut tant au niveau de la conception, de la mise en œuvre que du choix des matériaux. Les artisans n’aiment pas cela. Leur expérience leur a fait acquérir une technicité, un geste, un savoir-faire et ils ont l’habitude de travailler avec certains matériaux. Cela est normal et souhaitable. Alors peu d’artisan acceptent les remises en cause, sources d’inconnu et de pertes de temps.

Le dernier mais néanmoins important aspect est la qualité du travail réalisé. Bien que la majorité des artisans effectuent un travail de qualité, il existe néanmoins un certain nombre de cochons, suffisamment nombreux pour noircir l’image de cette profession. Il existe aussi un nombre important de clients pointilleux. Mais sachez que la réglementation n’est pas des plus favorable pour les seconds. Vis à vis de la loi, la seule contrainte d’un artisan est de respecter les DTU (Directives Techniques Unifiées). Elles correspondent à l’état de l’art. Ces documents tentent de réglementer les dispositions constructives de la façon la plus quantifiée et objective possible. Ce n’est pas pour autant qu’un travail conforme au DTU est un travail bien fait. Il y a une part subjective, souvent liée à l’aspect, qu’il est difficile de formaliser. D’autre part, les DTU sont parfois assez laxistes, notamment en ce qui concerne les travaux n’ayant pas de conséquences sur la sécurité (carrelage, plâtre, etc.). Donc si vous n’êtes pas content sur l’aspect ou l’imprécision du travail réalisé, le juge se réfèrera aux DTU en vigueur et donnera raison à Riri, Fifi ou Loulou.

Mises bout à bout, toutes ces tracasseries finissent par vous pourrir la vie. Quel client n’a pas son anecdote, sa catastrophe à raconter ? Certains en arrivent même à regretter d’avoir commencé leur projet. Un autoconstructeur qui réalise lui-même tous les travaux n’aura pas toutes ces tracasseries. Il n’a pas à dépouiller les pages jaunes, dépenser une fortune en coups de téléphone et perdre son temps en courriers de demandes de devis. Son planning ne dépend pas de celui des artisans. Il avance à son rythme, quand et comme il le veut. Il n’a pas à négocier des heures pour imposer l’utilisation de tel matériau ou de telle marque. Un autoconstructeur assume ses choix et ses actes. Si c’est mal fait, il recommence, il répare ou il s’en accommode. Vite fait. Pas de perte de temps ni de salive. Pas de lettres recommandées. Pas d’angoisse. Bref, il est indépendant.

Écologie

Heureusement pour nos enfants, l’écologie est à l’ordre du jour dans l’habitat. Cela signifie de nouvelles manières de concevoir et de construire, de nouveaux matériaux. Malheureusement, encore peu d’artisans sont à la page. Cela contribue à la pénurie et à de grandes difficultés pour imposer ses choix à l’artisan, aspects que l’on a déjà évoqués plus haut. D[...]

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